Clanwilliam – Les routes tranquilles de la région du Ceberberg résonnent du fracas des camions chargés d’herbes rouges. C’est le temps de la récolte du rooibos, cette tisane (appelée « thé rouge » en Europe) dont le succès ne cesse de croître à travers le monde, de Berlin à Tokyo.
Les cultivateurs de rooibos, qui disent qu’il ne pousse nul part ailleurs, sont affirmatifs. Depuis la récente victoire sur le droit des marques en 2007, le rooibos est prêt pour le marché américain.

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Selon Martin Bergh, de Rooibos Limited :
« Le rooibos est bon pour la santé. L’absence de théine et sa pauvre teneur en tanins alimentent le bouche-à-oreille. Il est riche en antioxydants et anti-cancérigène. Les gens commencent d’ailleurs à prendre conscience de ce qui est bon pour eux et ce qu’il ne l’est pas ».
L’Allemagne, le premier pays consommateur de rooibos
Le rooibos est très populaire en Afrique du Sud. Les exportations, et notamment en Allemagne, décollèrent quant à elles au début des années 90. « Le Japon était un excellent débouché, seulement il reste stable, contrairement à d’autres qui se sont bien développés », affirme Martin Bergh. Au début des années 90, les exportations avoisinaient 700 à 800 tonnes, réparties à 50/50 entre l’Allemagne et le Japon. Aujourd’hui (en 2007), l’Allemagne représente près de 4 000 tonnes de rooibos en débouché là où le Japon stagne à 400 tonnes.
« Le rooibos s’adaptent particulièrement bien à la culture de l’Europe centrale et de l’est, dont les habitants sont habitués à boire et apprécier les herbes et tisanes. Ils ne boivent pas beaucoup de thé noir, ils affectionnent davantage les tisanes et infusions. Ainsi, le rooibos se porte bien en Europe de l’Est, ainsi qu’aux Etats-Unis, pays où la demande s’accroît ».
Retour en arrière – Depuis 1994, le terme « rooibos » était enregistré en tant que marque, au registre du commerce et des sociétés. Dès lors, tout développement de cette plante était impossible puisque son exploitation commerciale dépendait d’une seule société, Forever Young. Ce n’est qu’en 2001 que le titulaire de « la » marque « rooibos » abandonna les droits, ou plutôt, les perdit en justice face à Rooibos Limited, qui détient d’ailleurs 75% du marché mondial.
Le rooibos est une appellation générique
« Cette victoire fut très importante », selon Bergh. « Si nous avions perdu le droit d’exploiter le terme rooibos, cela aurait été une catastrophe. Nous disions et l’affirmons toujours :
« Le rooibos est une appellation générique liée à une zone géographique puisqu’il est cultivé uniquement dans le Cederberg ».
Cultivé sur des terres sablonneuses au climat méditerranéen à 200 kilomètres au nord du Cap, le rooibos fait vivre directement 20 000 personnes autour de Clanwilliam. A l’instar du champagne, le rooibos est l’appellation d’un produit issu d’une région spécifique.
Alors que les exportations ne décollaient pas avant cette affaire (400 à 500 tonnes), le marché s’est ouvert, atteignant aujourd’hui 3 000 tonnes. « Le marché américain n’est pas encore un débouché important, seulement il peut le devenir dans les années à venir ».
La préservation du fynbos
Ce développement ne sera pas sans impacter la biodiversité de la région. Rappelons en effet que prospèrent dans l’Ouest de l’Afrique du Sud près de 10 000 espèces végétales, plus que dans tout l’hémisphère Nord. 70% de ces espèces ne se trouvent nulle part ailleurs, c’est pourquoi l’enjeu à venir sera de marier l’expansion du rooibos et des vignobles (qui est un secteur en plein développement) avec l’urbanisation afin de préserver le fynbos, cette végétation proche du maquis et composés de bruyères, de protées, d’herbes géantes et de plantes grasses caractéristique du sud de l’Afrique du Sud.
Source :
Ce billet est une traduction/adaptation de l’article d’Anton Ferreira, “Rooibos, it’s all about health” sur le site www.iol.co.za.